4 mars 2011

Dernier aveu

Ce texte exhibe ce que je crois être mon vrai Moi intérieur. Je dessinerai mon portrait grâce à ma plume, mon encre et mes mots.
L'amour, la haine, la peur, la faiblesse, le mal... Tout réside en moi. Tout me possède.
Je dessinerai le Yin & le Yang, ce symbole chinois représentant l'interaction entre le bien et le mal, la lumière et l'obscurité... Je suis le bien et le mal, je suis tout ce que vous imaginez que je sois.
Je suis l'illusion qui se brise comme du verre. On m'appelle, on me parle et je souris. Ce sourire ne sort de nul part, ce sourire est le masque que je porte chaque jour, que j'affiche tout au long de la journée.
Je ris, je bavarde de tout et de rien, mais rien de ce tout ne pleure en moi.
J'ai bâti mon propre mur devant tous ces regards indécents.
Je me suis enfermée à double tour dans une boite scellée au nom de la peur et de la faiblesse.
Je me noie dans le néant. La seule source d'espoir qui me reste est d'écrire. J'écris chaque jour, chaque nuit. J'écris tout ce que je ne suis pas, et tout ce que je rêve d'être. Je suis possédée par la peur du futur. Je ne crois pas vraiment au destin. Je suis de ceux qui croient dur comme fer, qu'on ne récolte que ce que l'on sème. Je ne serai que ce que je voudrai être, je ne serai que la personne pour qui je me battrai encore et encore durant toute ma vie.
Je suis une personne qui ne croit pas en l'amour, pour moi c'est une chose sombre et imprévisible, ce n'est qu'un mièvre sentiment face à tant d'autres. L'amour est ce qui m'affaiblit, ce qui m'effraie. Donc je ne m'en approche pas, je refuse tout signe de sa présence.
L'optimisme par contre est la clé, la clé de la vie.
La vie est un détour, un ensemble d'obstacles qu'on arriverai à surmonter grâce à l'optimisme.
Mon vrai moi, mon intérieur, je ne saurai le déterminer proprement. Je suis une personne, je ne dirai point normale ou comme les autres, au contraire... Je sens que je suis simple et unique, et ceci n'a rien à voir avec le narcissisme ou autre.
Je suis peut-être calme et sereine, mais je suis schizophrène au fond, heureusement que mes autres moi ne s'affichent plus devant le public. Je suis arrivée à un stade où j'arrive enfin à contrôler mes deux autres. D'habitude je suis la fille confidente et souriante, sauf que des fois le mal ou la peur font surface, bouleversent tout ce que j'ai entrepris, détruisent tout ce que j'ai bâti. Et je m'incurve devant des millions d'yeux.
Je suis unique par mes moi, mes rêves, mes pensées et mes mots. Je suis obsédée par l'autre.
R.A

22 février 2011

Beauté hystérique.

Ton aspect valorisé nous en dit peu sur ton âme futile. Ton identité est connue comme fate parmi nous autres. Des contradictions si réelles et si négligeables. Si seulement tu pouvais baisser ton menton, disait-on, on oublierait ta sévère présence, on se sentirait plus familiers.
Tu es dotée d'aptitudes si surnaturelles, tu nous obliges à rêver, à t'envier et à nous émouvoir de notre propre état. Tu es si douée.
Je te plains, je t'envie. Être affichée à longueur de journée, tout le monde remarque ton rouge sur les lèvres, tes cheveux blonds plus longs que cette jupe bleue que tu portes.
Tu es parfaite, disait-on. Parfait est un bien grand mot à mon avis.
Tu as fait souffrir bien des cœurs, tu as orné bien des fantasmes, tu as blessé bien des âmes.
Ils rêvaient de cette tendre passion idyllique, elles rêvaient de posséder ton sourire, ton charme et ton allure dévastatrice.
Tu paraissais si loin, si divine. On n'osait nullement t'atteindre, on n'y arriverait sûrement pas.
Les jours se suivirent, tu es toujours à l'affiche.
Et derrière ta nouvelle robe noire, j'ai pu flairer ta solitude, ton manque de confiance en toi.
J'avais raison, parfait est un bien grand mot.
Ta beauté est inégale certes, mais viendra un jour où ton âme sera aspirée par ces nombreux yeux globuleux qui te fixent à plein temps.
L'Homme est un amoureux de la beauté par nature, des fois même au point de se transformer en un égoïste possesseur de la beauté.

J'ai peur pour toi.
Viens avec moi, fuyons cet affreux monde, vis tant qu'il est temps.
Nous irons là où tes yeux se mêleront aux étoiles, là où ton âme volera plus haut que les hirondelles, là où ta beauté se mêlera aux rayons de soleil. Fuyons avant qu'il ne soit trop tard, pour qu'aucune larme ne coule, et que ta beauté ne fane.

Les jours se suivirent, son aspect futile en disait long sur son âme appréciée.
Une mixture de modestie et d'audace, la beauté austère réussissait parfaitement à s'aimer.
Parfaite, c'est le mot.
R.A

18 février 2011

Envie


Aussi menue qu’elle était, sa raison d’être s’était rapetissée. Ses illusions l’engloutirent dans un espace gris, aussi vaste que l’errance de son esprit.
Elle a toujours cherché à fuir la réalité, à fuir le regard des gens qui jugeait tout acte & toute pensée de méphistophélique.
L’égalité sociale, la tolérance, toutes les plus belles et les plus dignes valeurs humaines n’étaient qu’utopie. Le monde où elle vivait était gris.
Un jour, en cherchant les escaliers de secours, elle s’était perdue. 
Levant les yeux au ciel, fugitive et confuse, elle le contempla. Elle baissa maladroitement les yeux, puis les releva. Elle avait magiquement compris.
A chaque instant de ma conscience, j’envie ce féminin d’avoir enfin saisi.
Qui sait si un jour, je réussirai à lever mes yeux au ciel, en tentant de fuir ma réalité, pour que je glisse dans une totale euphorie.
R.A
 

14 février 2011

Les mots s'envolent dans la brume des temps.

Se sont écoulés des jours, des semaines avant que je me revendique. Je me sens seule. J’ai perdu quelque chose de précieux.  Je sens mon Moi se galvauder peu à peu.
J’ai perdu pied, je perds ma tête. Je perds mes mots.
Les autres se gaussent de mon état.
C’est affligeant de voir que mes mots fuguent, que mes lettres ne parviennent plus.
J’ai toujours eu l’ardent désir de réussite, j’ai toujours senti le besoin de me libérer par bonheur à ma plume. Or je sens qu’à présent tout s’écroule.
J’ai perdu goût à la vie, à la nature, à l’art et à la beauté.
J’osais être cette personne juvénile et noctambule, admirant toutes les belles étoiles du ciel.
Maintenant tout n’est plus.
Le temps se consume comme le bois dans l’âtre, & moi je vieillis.
Mon cœur s’accélère, un jour ne battra plus.
Je me sens vide.
Je m’acharne à animer intensément mon âme.
Aigrie par tant de vide & de désespoir, je m’obstine à récupérer mes mots.
Je refuse d’être parmi cette nouvelle génération avide, accablée de toute lueur de vie.
Cette génération manipulatrice qui se croît maître du pouvoir mais qui ,à un moment donné, deviendra dupe.
Je ne veux pas être cet autre moqueur et indécis.
Cette même personne que j’aperçois chaque jour en sortant de chez moi, cette femme à la beauté indécente, ce couple si pathétique & mal formé, ce jeune homme à l’allure bouleversante, ces adultes aux pensées burlesques, ces enfants insouciants & si innocents.
Oh comme je ne veux pas en faire partie.
Toutes ces guerres dans le monde, & les révolutions qui en naquirent. Tous ces jeunes crédules qui ont cru posséder le savoir & la vérité, qui vivent au jour le jour, sans douter des forces qui les manipulent.
L’amour n’est plus.
Les mots reviennent par miracle.
Il suffisait de quelques pensées dispersées ça & là pour que mes pieds recouvrent le sol, pour que ma tête reprenne sa place, & pour que mes mots s’usent.


R.A

20 janvier 2011

Tous différents

A la rentrée des classes, regarde tous les élèves et remarque qu'ils sont tous différents, que cette diversité est une belle chose. C'est une chance pour l'humanité. Ces élèves viennent d'horizons divers, ils sont capables de t'apporter des choses que tu n'as pas, comme toi tu peux leur apporter quelque chose qu'ils ne connaissent pas. Le mélange est un enrichissement mutuel.
Sache enfin que chaque visage est un miracle. Il est unique. Tu ne rencontreras jamais deux visages absolument identiques. Qu'importe la beauté ou la laideur ! Chaque visage est le symbole de la vie. Toute vie mérite le respect.
(Tahar Ben Jelloun, Le Racisme expliqué à ma fille)

9 janvier 2011


'' [...] Ces rappels du temps passé ressassés plusieurs fois l'ennuient, comme ce ciel blanc qu'il entrevoit ou ce vent qu'il entend souffler et faire claquer les portes.
  [...] Ses amis étaient nombreux. Ils sont tous morts ou presque tous. Il pense à eux, un à un, et ne peut s'empêcher de leur en vouloir d'être partis plus tôt que prévu. Leur disparition, c'est sa solitude qui s'épaissit et s'alourdit. Il est en droit d'être mécontent qu'ils l'aient lâché, abandonné après tant de moments passés ensemble, après tant d'épreuves et de complicités. ''
Tahar Ben Jelloun - Jour de silence à Tanger.