14 novembre 2011

Le passé est partout autour de nous, on n'y peut rien, c'est comme ça.

Se réveiller d'un profond sommeil et se rendre compte que toute notre vie était d'un goût amer. Des rêves, des envies irréalisables, mais surtout le bilan de notre existence qui se résume en une masse de regrets auxquels on n'arrive pas à se libérer.
Une vie précaire devrait normalement nous pousser à faire les bons choix et à assumer surtout, pourtant quoique nous fassions, nous avons toujours ce bloc de remords & cette peine qui ne cesseront point de nous torturer.
Je me suis toujours dit que nous ne devons jamais rien regretter dans la vie, mais j'ai réalisé à quel point vivre sans regrets était difficile. Quelque soit notre choix, il y'a toujours cette autre facette qui nous martyrise avec cette question qu'on reformule en boucle : Et si les choses étaient autrement ? 
Aujourd'hui je ne suis pas seulement consciente du nombre de mauvais choix que j'ai faits à un certain moment de ma vie, mais aussi de l'importance des regrets. 
On regrette, on s'attriste mais on évolue, on change et on apprend surtout. 
Personne ne pourrait se vanter et dire qu'il ne regrette rien, tout le monde a des regrets que ce soit une dispute avec un ami, une histoire d'amour qui n'a même pas débuté, la peur de s'exprimer, un refus, de mauvaises décisions, un mauvais entourage...

J'aimerai tant vous dire que le temps guérit toutes ces peines, que le temps efface toutes ces souffrances morales & qu'on finit par oublier tous ces projets inachevés, mais ce n'est pas le cas. Le temps nous apprends à faire face à ce que nous étions vraiment et à identifier ce que nous sommes à présent. Nous voulons avancer, et aller de l'avant, parfait ! Mais nous ne devons pas oublier que le passé peut surgir d'une minute à l'autre, les regrets qui nous rongent depuis si longtemps referont surface mais cette fois ci il faut être prêts, cette fois il faut combatte ce que nous étions auparavant, cette fois il faut prouver ce que nous sommes et ce dont nous sommes capables.
Dorénavant nous sommes les seuls maîtres de nos vies, nous décidons des moments de nos vies, nous décidons comme bon nous semble tout en sachant que ceci est ce que nous voulions à un moment donné, et que nous ne devons en rien nous sentir mal si nous regrettons. L'important est d'être conscient de notre regret, d'apprendre et de tout faire pour bien vivre. 

R.A

28 août 2011

My unrequited love.

Couchées deux sous un drap, tes bras posés nus sur ma cuisse, aussi blancs que le linge qui nous couvre. Tes cheveux dorés débordent du lit, tes grands yeux fermés me laissent soupirer dans ce lit où je suis fagotée. 
Là sans me soucier du reste du monde, je te regarde les larmes aux yeux. 
Tu sens ma brûlante main se promener sur ton dos, te caresser le bout du sein. Je ne sais comment faire naître tout mon amour pour toi des bouts de mes doigts. 
Depuis quand, en un silence désert, une amoureuse crie ses plaintes? 
Ton âme hante le fond de mes pensées, ta beauté me crève les yeux, & l'iris s'illumine de tout ton éclat. 
Je te prie de ne pas ouvrir les yeux, je ne désire nullement que le spectacle de mon moi fasciné par toute ta splendeur s'exhibe et fasse effet sur toi. 
Je ne saurai m'expliquer, expliquer cette attirance inouïe envers toi. Je sais que nombreux s'y opposent et que notre société ne saurait nous épargner. 
Si mes péchés irritent la fureur de la force suprême, je le blâme de me faire souffrir d'un tel flagrant délit. 
Que je serai courageuse et ravie de t'avouer ma fascination, que de soupirer en silence de cette quantité d'amour que je ne saurai libérer. 
Je sens de rudes combats qui viennent, contre mon propre honneur et ma propre dignité, toutes ces pensées me rongent en l'espace d'une nuit hantée, hantée par mon amour et ma peur je ne saurai me décider. 
Je te veux pour moi et avec moi, seules pendant cette nuit qui durera une éternité.
FIN.
R.A

20 août 2011

Détournement.

Deux mois, une semaine & un jour. 
Je n'ai plus écrit mot depuis deux mois, une semaine & un jour. Ils résonnent dans ma tête sans cesse sans jamais avoir eu la peine de les faire taire. 
Je n'ai pas eu droit à un seul jour de vacances cette année, ma tête est prête à exploser à tous moments depuis un bon bout de temps déjà, & je n'ai toujours pas senti cette paix spirituelle. 
Tout s'embrouille dans ma tête. Tout s'embrouille dans mon esprit. 
Que faire ? 
Un mélange de faiblesse, de peur et de joie immense m’envahissent jusqu'au petit orteil. 
Je ne suis plus la même personne d'il y'a quatre mois. Je suis ce que je n'avais jamais imaginé qu'un jour je serai. 
De toutes nouvelles figures, de nouvelles tentations & ambitions.
Une déviation des plus inattendues.

27 juin 2011

Parfois on bâtit un monde tout grand, tout nouveau, pensant y vivre pour le restant de nos jours. L'esprit rêveur, nous fonçons sans plus jamais regarder en arrière. Nous nous installons, nous prenons place sur un des sièges, aspirons les êtres qui nous sont devenus chers à présent & les invitons à s'asseoir à leur tour, tout en rejetant ceux qui ne font plus partie de nous. 
Nous nous créons notre monde, avec tous les sentiments de tendresse qui soient, un monde d'amour & de paix, un monde de rêves où tout devient si beau si fin, & où tout s'écroule en un rien de temps.
Je vis parmi un troupeau de mensonges, on me menotte les poignets pour ainsi ne plus échapper à cette peine. J'ai longtemps tenté de fuir mais en vain. Parfois je me dis que les autres sont chanceux, oui ils sont libres de vivre, d'aimer, de croire et de savoir. Et moi je ne fais rien de tout cela, je ne fais que crier mes mots sans qu'un piètre son ne sorte, je ne fais que me gonfler de souffrance & de mots blessants sans qu'une larme ne coule. 
Je me tenais là, pieds sur terre mais l'esprit ailleurs. Je rêvais de toutes les belles choses que je n'aurai jamais. Je rêvais de tout et de rien, j'attendais le printemps où tous mes désirs fleuriraient, mes yeux se sont trouvés mêlés aux siens, mon coeur ne bat plus, mon sourire s'affichait sans que j'eusse droit au sien. Il détournait le regard, & moi je me perdais. Je reprenais pied sur terre, & mon esprit reprenait ce corps, faisait face à la réalité, s'enfermait à double tour pour ne plus jamais refaire surface.
R.A

21 juin 2011

Lecture du moment


Ma lecture du moment est : ''Lettres à un jeune marocain.'' Présenté par Abdellah Taïa.
  
'' Montrer à la jeunesse marocaine que les choses peuvent bouger '', même dans un pays sclérosé qui les écrase ou les ignore. Hanté par cette idée, l'écrivain Abdellah Taïa a demandé à 17 de ses compatriotes, écrivains de renom ou inconnus de talent, d'écrire une lettre à un jeune Marocain. Certaines sont désespérées, d'autres drôles, âpres, ou érudites ; elles parlent de politique ou du Coran, de sexe, de visa ou de dimanches d'ennui à rêver d'amour. Leur diversité en fait la richesse, leur liberté de ton en fait le prix. ''

Dans ce livre, dix-huit marocains (vivant au Maroc ou ailleurs) envoient à ces jeunes des lettres pour établir un lien inédit avec eux. Les considérer, les encourager, les critiquer.


'' Recevoir 18 lettres à l'ère des sms et des mails, c'est inespéré. 18 lettres belles,uniques, drôles,profondes... 18 lettres qui me sont destinées,à moi et aux jeunes marocains du monde entier. Dans le but de nous faire réagir, de nous montrer que nous sommes prêts, de nous aider à devenir plus ambitieux. 
Parce que nous sommes des jeunes marocains, prêts à tout pour améliorer l'avenir de notre pays.
A l'ère des sms et des mails, tout est possible..."
 Inspiré de Sonia Boulhir
 

12 juin 2011

Pensées épicuriennes : l'art d'être heureux.

" Vivons cachés !" , tel était le conseil, la devise d’Épicure.
Moi qui ai longtemps cherché un refuge, un havre pour échapper à tout, me voilà gâtée.
Qu'est ce que le bonheur ? Épicure répond: C'est le plaisir.
Et puis peut-être que les bons stoïciens n'avaient pas tort non plus au final, tout ce qui est extérieur est indifférent.
Etre heureux, c'est voir la réalité du monde coïncider avec nos désirs les plus profonds. Or, il faut bien en convenir, nous ne pouvons guère changer le monde, mais nous pouvons en revanche plus aisément modifier notre vision du monde et changer la nature de nos désirs.
Jouir du simple plaisir d'exister: telle sera la première maxime du sage.
On dit que l'obscurité n'est pas. La lumière, elle, existe mais telle une petite source qui se perd peu à peu dans le noir. Et puis tout près de la lumière se trouve la matrice de tout ce qui est créé.
Le bonheur est à notre portée.
Quelle est la fin naturelle de tout être ?
Qu'est ce qui réalise sa nature dans toute son excellence?
Qu'est ce que les hommes poursuivent comme leur fin propre?
En un seul mot : Le bonheur.



31 mai 2011

Fragments d’une lettre d’adieu.

Vous penserez que c'est assez bête, mais là je vous écrit et la raison pour laquelle je me tue à le faire n'est pas à prendre à la légère.
Si pour un instant Dieu oubliait que je suis un simple morceau de terre et m'offrait un morceau de vie, je profiterais de ce temps du mieux que je pourrais. Mais là, ce n'est malheureusement pas le cas, et je me retrouve à vous écrire.
Je vais mourir. J'ai une maladie incurable et je l'ai appris il y'a à peu près douze jours. Mes derniers jours ne sont pas si loin que ça finalement, mais je préfère ne pas y penser. Ce n'est pas facile de savoir que le temps qui me reste à vivre ne durera pas plus de six mois. Je sens que le vrai compte-à-rebours a commencé et je me perd dans mes mots et mes pensées, toute fragile, incapable de l'arrêter.
C'est un véritable déchirement pour moi si j'ai décidé de vous écrire pour révéler tout ce que j'ai pu être, que je ne suis plus, et que je regrette de ne pas être.
Je me rend compte que la vie est très courte vous savez. J'ai 17 ans et 7 mois et pourtant je n'ai jamais rien découvert de la vie et je n'aurai pas la chance de le faire non plus. Je sens que tout se perd, tout me glisse entre les doigts devenus si fins. Mon sourire se perd sur ce visage pâle que j'ai à présent. Je me perd jour après jour, je me consume jusqu'à ne plus exister.
Je m'en veux d'avoir vécu, d'avoir un jour naquit au monde. Je m'en veux d'être une source de peine, de tristesse et de pleurs pour un grand nombre de personnes et je sens que même après ma triste fin, je le resterai.
Il est peut-être trop tard pour moi, mais je comprend enfin les mots de Gabriel Garcia Marquez.. Oui car si moi aussi on me donnait un morceau de vie, je m'habillerai simplement, je me coucherai à plat ventre sur l'herbe à regarder le ciel et aspirant tous les rayons du soleil, laissant mon âme découvrir la vie.
Et puis là je me sens seule, je n'ai jamais su m'arrêter et demander ce qu'adviendra de ma vie. A présent je le sais sans même avoir le temps de freiner.
Je ne regrette pas non plus mon passage et ma présence aussi brève fut-elle parmi vous. Je ne regrette pas avoir su qu'il y'avait tant de belles choses dans la vie. J'étais toujours à la recherche du bonheur; de la beauté et de l'amour, et pourtant même une petite pensée à l'existence de toutes ses forces spirituelles me réjouissait.

J'ai envie de me confesser à vous. Je suis une mauvaise personne, ou du moins je l'étais. Je vivais dans un mensonge et me créait mon propre univers, y impliquait le nombre de personnes que je désirais et rejetais d'autres pour aucune raison. Je me rend compte à quel point j'aurai bien pu profiter de l'existence de vous tous à mes côtés.

Bientôt je serai un corps sans âme. Cette dernière errera quelque part mais je ne sais pas vraiment où. Je commence à croire que le paradis c'est la vie avant tout, et je la quitterai la mort au coeur, la mort partout.
Je ne suis plus insoucieuse, je veux continuer à vivre mais je crois que les forces suprêmes ont décidé de mon jour de gloire.
Mais j'ai appris une chose, même si nous désirons tous vivre en haut de la montagne, le vrai bonheur réside dans la manière d'y arriver.
J'ai appris aussi que l'on ne vieillit pas d'amour, on vieillit par manque d'amour. J'aime la vie, et pour cela je dormirais peu, je rêverai plus, je découvrirai le monde pour la première et la dernière fois, je ne fermerai plus les yeux, je veux toujours voir la lumière, je veux toujours vivre mais il est très tard pour moi.
Cette maladie est capable de détruire mon corps, j'ai si mal, je sais que je suis condamnée malgré tous mes efforts vains à me libérer de mon triste sort. Mais je ne veux pas quitter l'amour des miens, quitter ce beau décor. Je suis toujours là, j'ai envie que mon coeur batte encore et pour un bon bout de temps, le temps de profiter de toutes les beautés du monde, et pourtant je ne m'en lasserai jamais et je m'aperçois que tout n'est que rêve.

Le lendemain n'est sûr pour personne.

Ceci dit, un seul mot pour finir: Existez.
Je vous dit au revoir avec beaucoup de tendresse.  
R.A
Personne ne se souviendra de toi pour tes pensées secrètes. Demande la force, le courage et la sagesse pour pouvoir les exprimer.
 P.S: Mon texte est une pure fiction, j'ai eu l'idée d'écrire une lettre d'adieu parce qu'une partie de moi quittera ce monde. Mon état d'âme a beaucoup changé. Merci à une personne qui se reconnaîtra :) 

17 mai 2011

As I'm holding my breath.

Tout est triste par ici. Ça sent le brûlé et l'odeur de la terre remuée. Il fait noir, assez noir pour que je ne vois rien et pourtant je sens que tout est là. Cette odeur devient forte, encore plus forte. Mes narines n'en peuvent plus.
Je sombre dans le néant, le vide et l'oublie, et pourtant je n'oublie pas.
J'ai comme l'impression d'être enterrée vivante. Mais quel être sensé serait conscient de me fourrer dans un trou sous terre au milieu de nul part ?
Je commence à stresser, je ne sais pas où je suis, ni d’où je viens. Je ne comprends pas, je n'ai jamais pu comprendre, et ce vide ne fait que tout empirer.
Je ne sens plus mon corps, ni mes sens.
D'autant plus que je me demande comment cela se fait que je puisse toujours être vivante ? Je suis toujours entrain de penser, je suis vivante mais alors comment ? D’où peuvent bien provenir ces molécules d'O2 ?
Et puis je me sentis légère, aussi légère que cette plume grâce à laquelle j'écris.
Je volais & errais au milieu de ce nul part qui me devint familier.
Ce trou s'élargissait pour devenir presque infini.
J'ai envie de parcourir chaque coin en ta compagnie. Et voilà que toutes mes pensées se tournaient vers toi maintenant, et je ne peux les chasser. Tu t'es décidé de revenir, mais tu as mal choisi le moment. Je t'en veux. Et si ce sourire était affiché devant moi ? Je lui demanderai de m'emmener aussi loin qu'il le pouvait.


Et nous passerons de couloir en couloir, nous visiterons salle par salle, peut-être même toquerons à la porte de chaque chambre, pour enfin se laisser aller à la fin de notre balade nocturne.
Je dormirai tel un ange sur son nuage; ceci est une comparaison des plus nulles mais je trouve rien de plus utopique. Je t'aimerai comme au bon vieux temps. Jadis, quand tout était beau et quand tout allait au mieux dans le meilleur des mondes. Je sus que Maître Pangloss n'avait pas si tort au final.
Je m'en rappelle encore, comme ci c'était hier, et pourtant des années nous en séparent. Il faisait chaud très chaud. Je me rappelle de ce sourire, de cette agilité corporelle, et moi qui restais sans voix.
Et puis j'ai vraiment envie de cette balade au beau milieu de la nuit, j'ai vraiment envie de quitter ce trou, de sentir ton parfum qui me manque tellement , de t'aimer comme au bon vieux temps. J'ai envie de quitter cette absence de lumière qui me tue. Je veux vivre en couleurs.
R.A

10 mai 2011

As I'm watching you walk away.

It's an odd feeling indeed. Sitting with people you know and feeling like a stranger. Doing your best to keep in touch with someone yet seeing them avoiding you. Realising that people and things have changed, and that you did too. Life is simply an unfortunate packaging of events.
In life, there are things that are supposed to be known by only two people, but there's always that third member, that one person that turns you into a third wheel. And then there are those decisions you've had no hand in, yet you were obliged to make them. Like when you decide to stop giving a damn about someone just 'cause they don't care. On another hand, when you start feeling like you belong somewhere, you no longer feel like elsewhere actually feels like home. I don't feel as close to my bestfriend as a year ago. I feel strange when I step into her world, I no longer keep up with what happens in her daily life. Everything happens for an unknown reason. 
I guess everything was meant to change. People who used to be part and parcel of your life become people you feel nothing for. Life goes on. I'm just glad that it has hit me now, before it is too late. At least, when the time to finally say goodbye comes, it won't be as shocking as it should be, and I will have someone else to fill in the emptiness in my heart.
Manal.A

9 mai 2011

Perdue dans la nuit des temps. Égarée, quelque part dans sa psychose d'enfant.


17h28 , je prends le train en destination de settat avec 4 minutes de retard. J'embarque, chargée d'un sac à dos bourré de plusieurs affaires dont je ne me suis même pas servies, et d'un sac beige en cuir que j'avais acheté la veille de Meknes, où téléphone, bouquin et ipod étaient enfouis. Le train était plein à craquer, du coup je ne trouvai aucune place libre, je restai donc debout quelque part entre deux wagons. Des gens allaient et venaient cherchant des places d'un air désespéré, d'autres faisaient la queue devant la porte des toilettes misérables, tandis que d'autres profitaient de ce "coin" pour fumer une clope mine de rien. Je m'adossais à un truc orange dont je n'ai même pas pris la peine d’identifier. J'ouvrais mon sac le plus discrètement possible craignant un vol au moment opportun, en dégageait mon livre puis le refermais soigneusement. Je commençais à lire quelques lignes malgré le nombre infini de personnes qui essayaient tant bien que mal de se frayer un passage vers le wagon suivant. Arrêt à sidi slimane, j'aperçus une personne âgée prête à descendre, j'avais la voie libre, je refermai mon bouquin et accourut pour saisir la place. Je souhaitais bonne route au vieux monsieur, le remerciai et posait mon cul sur le siège orange. Il faisait chaud, je relevais mes cheveux et les attachais en un chignon très mal formé, je relis quelques pages de mon livre. Mes yeux me faisaient très mal, on aurait dit qu'ils brûlaient presque à cause du manque de sommeil et de fatigue de toute la semaine passée, mais je ne les laissais pas fuir les pages jaunâtres, profitant de chaque mot & de chaque lettre écrite à l'encre noire. Ce fut soudainement l’arrêt dans une des gares de Rabat, j'ai su que j'avais lu plus d'une centaine de pages non stop, je relevai la tête, embrassais du regard  le monde autour de moi puis mon regard s'attarda à la vue d'une jeune femme endormie dans un piètre état dont je me permettrai point de décrire. Je détournais les yeux par pudeur pour se fixer sur les deux jeunes hommes devant moi, l'un d'eux portait une chemise rose, un pc portable toshiba sur les genoux. Ils étaient tous deux connectés sur facebook grâce à un modem 3G et regardaient des photos un peu osées d'une certaine Chaimaa en riant et ainsi dépensaient leurs dernières heures de voyage. A mes côtés était assis un jeune homme, un étudiant, un pc portable toshiba aussi, déchargé et posé sur la petite table devant lui. Il mettait des lunettes, était grand de taille, mince et portait une sorte de béret noir à carreaux sur la tête. De temps à autres, son nokia 6300 sonnait, je devinais que c'était un collègue qui demandait son avis sur les courses à faire dont le budget ne devrait pas dépasser 60 dhs. Il était grand, fatigué et désespéré , je ne pouvais ne pas remarquer sa solitude et son manque de bien être en soi, je le plaignais au fond et priais de ne pas être dans le même état dans les prochaines années. Je détournai les yeux, chassant ces pensées & ces anxiétés de ma tête. Nous avions dépassé Kénitra, je sentais la fatigue me submerger, je ne voulais pas fermer l'oeil dans un endroit où le vol et les humains ne manquent pas.
J'ouvris mon sac à dos et en tirai le journal que j'ai pu prendre le matin pendant une visite d'une université, j'ai pu découvrir le nom d'un ami presque partout et ce fut avec joie et curiosité surtout, que je commençais à lire les mots du premier article du journal, un sourire se traça immédiatement sur ma face, je découvrais les talents de mon ami et je restais scotchée devant ses mots, ses idées et son style. Je rêverai de voir comment seront les résultats si jamais j'adhérais à un club de journalistes moi aussi, et puis j'abandonnais mon idée aussi courte fut-elle, et continuais ma lecture, cette fois plus par plaisir que par indiscrétion.
Le train marquait une brève halte à Mohammedia, j'avais terminé la lecture de tout le journal que je fourrais dans mon sac. Je pris mon ipod qui était déjà prêt à être écouté. Un bon vieux son des Beatles dans les oreilles, je posais ma tête et des pensées aussi inouïes soient elles, surgissent. Je pensais à un petit nombre de personnes, je pensais à ce mois d'études qui me reste, à ce bac pour lequel je ne bosse presque pas, des exercices de maths n'ayant ni tête ni queue s'entremêlaient dans mes songes qui au final se centraient vers cet article que je ne pus publier. Je restai là, les yeux mi-clos, du radiohead cette fois qui résonne dans ma tête, je pensais à l'être que je ne voulais plus être.
"And for a minute there I lost myself, I lost myself, I lost myself ..."

R.A 

28 avril 2011

Propos sur le bonheur

XCIII
Il faut jurer
Le pessimisme est d’humeur ; l’optimisme est de volonté. Tout homme qui se laisse aller est triste, mais c’est trop peu dire, bientôt irrité et furieux. Comme on voit que les jeux des enfants, s’ils sont sans règle, tournent à la bataille ; et sans autre cause ici que cette force désordonnée qui se mord elle-même. Dans le fond, il n’y a point de bonne humeur ; mais l’humeur, à parler exactement, est toujours mauvaise, et tout bonheur est de volonté et gouvernement. Dans tous les cas le raisonnement est serf. L’humeur compose des systèmes étonnants que l’on voit grossis chez les fous ; il y a toujours de la vraisemblance et de l’éloquence dans les discours d’un malheureux qui se croit persécuté. L’éloquence optimiste est du genre calmant ; elle modère ; c’est le ton qui fait preuve, et les paroles importent moins que la chanson. Ce grondement de chien, que l’on entend toujours dans l’humeur, est ce qu’il faut changer premièrement ; car c’est un mal certain en nous, et qui produit toutes sortes de maux hors de nous. C’est pourquoi la politesse est une bonne règle de politique ; ces deux mots sont parents ; qui est poli est politique.
L’insomnie là-dessus nous enseigne ; et chacun connaît cet état singulier, qui ferait croire que l’existence est par elle-même insupportable. Ici il faut regarder de près. Le gouvernement de soi fait partie de l’existence ; mieux, il la compose et l’assure. D’abord par l’action. La rêverie d’un homme qui scie du bois tourne aisément à bien. Quand la meute est en quête, ce n’est pas alors que les chiens se battent. Le premier remède aux maux de pensée est donc de scier du bois. Mais la pensée bien éveillée est déjà apaisante par elle-même ; en choisissant elle écarte. Or, voici le mal de l’insomnie ; c’est que l’on veut dormir et que l’on se commande à soi-même de ne point remuer et de ne point choisir. En cette absence du gouvernement, aussitôt les mouvements et les idées ensemble suivent un cours mécanique ; les chiens se battent. Tout mouvement est convulsif et toute idée est piquante. On doute alors du meilleur des amis ; tous les signes sont mal pris ; on se voit soi-même ridicule et sot. Ces apparences sont bien fortes, et ce n’est point l’heure de scier du bois.
On voit très bien par là que l’optimisme veut un serment. Quelque étrange que cela paraisse d’abord, il faut jurer d’être heureux. Il faut que le fouet du maître arrête tous ces hurlements de chiens. Enfin, par précaution, toute pensée triste doit être réputée trompeuse. Il le faut, parce que nous faisons du malheur naturellement dès que nous ne faisons rien. L’ennui le prouve. Mais ce qui fait voir le mieux que nos idées ne sont pas en elles-mêmes piquantes, et que c’est notre propre agitation qui nous irrite, c’est l’état heureux de somnolence où tout est relâché dans le corps ; cela ne dure pas ; quand le sommeil s’annonce ainsi, il n’est pas loin. L’art de dormir, qui peut ici aider la nature, consiste principalement à ne vouloir point penser à demi. Ou bien s’y mettre tout, ou bien ne pas du tout s’y mettre, par l’expérience que les pensées non gouvernées sont toutes fausses. Cet énergique jugement les rabaisse toutes au rang des songes, et prépare ces heureux songes qui n’ont point d’épines. Au rebours la clef des songes donne importance à tout. C’est la clef du malheur.

29 septembre 1923
Source : Alain, Propos sur le bonheur, Paris, Gallimard, 1928.

La liberté naît de la maîtrise de soi et de ses passions. Il est faux de penser que la quiétude et l’inquiétude sont des dispositions naturelles chez un individu, car la première dépend d’un effort de volonté. Le bonheur dépend de nous, et il faut d’abord le vouloir : cette proposition perd le caractère d’un truisme ou d’un paradoxe contestable pour devenir la formule même de l’impératif moral.



23 avril 2011

Ce soir j'écris.

Nul besoin d'un thème ou d'une idée précise pour que mes mots effleurent ce bout de papier. Ce soir; c'est décidé, j'écris. 

A vrai dire, il n'y' a que des effluents de mots et de pensées qui déambulent au fond de mon esprit. & Au plus profond de moi-même, je sais que ce ne sont qu'une espèce de polluant, rien d'assez lucide à exhiber.

J'ai perdu mon ordinateur portable, je ne l'ai pas vraiment perdu c'est juste qu'il ne s'allume plus, et vu que le pessimisme ne fait que m'attirer vers lui ces derniers temps, c'est pour ainsi dire que j'ai vraiment tout perdu. De plus, je suis sur un clavier "azerty" qui m'irrite jusqu'à la dernière veine de mon corps. 
Je n'aime plus le temps qu'il fait, on dirait que Dieu su à quel point mon esprit est profondément troublé qu'Il a décidé de m'envoyer une semaine nuageuse, grise et sans âme pour accompagner le tout.

C'est drôle. 

C'est drôle comment le simple fait d'écouter à la radio : "Aujourd'hui le ciel est bleu, le soleil est à l'affiche, la matinée s'annonce bien!" peut être bénéfique pour nos esprits. 
C'est drôle comment des fois tu te sens dans la mauvaise place, entourée des mauvaises personnes, née dans le mauvais moment et dans un monde tout différent.
C'est drôle comment la vie peut manifester sa double face subitement, au moment où on s'y attendait le moins.

Oui c'est drôle.

Cela doit être choquant de remarquer l'absence des mots à fleur bleue sur un de mes articles, mais croyez-moi cela est encore plus inconvenant de constater l'absence, ou pire, l'inexistence d'une vie. 

J'ai décidé d'écrire, certes. Mais ça ne m'a mener nul part. Je bloque. Je m'arrête. Point.

P.S: Ceci est le préambule d'un texte qui ne viendra plus.
R.A

10 avril 2011

Qui parle quand on dit « je » ?

La question est remarquable par sa brièveté, elle est aussi extrêmement ouverte. Elle mêlera plusieurs sujets dont j'ai l'habitude de discuter. Qui parle quand on dit « je » ? On serait pourtant tenté de répondre brièvement « moi » ! Mais ce n’est pas cette évidence dont je m'attend, mais plutôt de creuser la question de l’être du moi.
J'ai toujours songé à l'existence de mon moi, à ce ''je'' utilisé fréquemment, mais dont je ne connais que piètres choses. Mon être s'est finalement rendu compte qu'il attribue ses états et ses actes à un principe inconnu qui est le JE.
Je me suis sans cesse demandée quelle était la différence entre le ''je'', le ''moi'' et le ''soi''. Mais apparemment, je n'ai toujours pas les outils nécessaires à l'analyse de ce problème. Je me contenterai donc, pour l'instant, à donner une identité à ce je.
Pour débuter notre analyse, je lancerai la question qui se pose souvent, même étant un bien obscur paradoxe : ''Je'' peut-il être l'autre?
Je ne sais pas si cela se fait sur ce genre de sujet, mais je ne vois nullement une autre solution à ce problème à part le raisonnement par l'absurde.
Supposons donc que ce ''je'' soit vraiment l'autre. Dans ce cas, à chaque fois que je parle en disant ''je'', je ne sentirai point une attraction direct entre ce que je dis et ce que je suis. Or le fait de dire ''je'' est une affirmation de ma différence et de ma distinction de l'autre.
Ainsi, comme l'avait si bien expliqué Descartes, tout acte de pensée et de doute est une preuve que JE suis.
Il est probable que le ''je'' soit toute une suite de répercussions de notre culture, notre société en gros, mais cela ne veut nullement dire que le ''je'' reflète l'autre. 
Donc soyons tous d'accord sur ce point, ''je'' n'est pas l'autre. Dans ce cas qui est ''je'' ?
D'après Kant, selon toute évidence, un ''je pense'' est nécessaire pour que quelque chose soit pensée. Dans le sens où le ''je'' est la condition de la possibilité de toute expérience & l'horizon de toute représentation. Donc sans le ''je'' mon identité éclatera.
J'utilise le ''je'' pour manifester un désir, une opinion ou une volonté, je l'utilise surtout pour poser ce désir et cet avis comme étant formulés par l'individu que je suis.
Seulement, cet ''au-delà'' attribué à mon Moi ne serait il pas qu'une pure illusion de ma conscience? Quelle est donc la nature de ce moi qui s'exprime grâce au ''je'' ?
Je répondrai de façon brève et efficace à cette question. 
À la lecture d'un texte par exemple, chacun peut dire « je lis » et ainsi prendre conscience qu'il lit. 
Par conséquent, le « moi » est avant tout une prise de conscience de son individualité, de son existence même. 
N'empêche, je ne peux avoir une réponse exhaustive à la nature du moi. Ce que je veux dire par là, est que si on réussit à admettre la conscience de soi, on est loin d'affirmer la connaissance de soi. Il est vrai que mon identité s'affirme dans la permanence du je, mais il faut bien accepter le fait qu'une connaissance parfaite et totale du sujet n'est pas envisageable. La question est donc, que signifie pour moi le fait d'être un je ?
Kant donne au "je" le sens de point de départ à partir duquel toute connaissance est possible. La conscience de soi est ce qui rend possible toute connaissance, et dont il ne saurait y avoir en retour de connaissance : "le je pense doit pouvoir accompagner toutes mes représentations", c'est-à-dire que chercher à élaborer une connaissance du "je", est ne pas prendre en compte sa réelle signification, par ailleurs l'exactitude de la réponse consistera en une élucidation du sens de la conscience de soi comme étant la condition de possibilité de toute représentation. 
Le "je" que je suis véritablement, qui me donne unité, permanence, unicité, a pour fondement l'acte apriori de mon entendement.
De plus, savoir qui l'on est ne serait pas du tout repos. L' Homme n'en finit pas de se disperser en occupations mondaines et en distractions, s'il se trouve brutalement mis face à ce qu'il est, cela ferait son malheur. 
Le "je" est situé dans sa confrontation métaphysique avec deux infinis qui l'effraient également. S'il doit se dépouiller de tout ce qui le rattache au monde pour savoir qui il est, il risque de se retrouver face à un néant, à une existence remplie de crainte, car elle sera consciente de sa vanité radicale.


Pour savoir "qui", il faut être achevé, or je suis un pour-soi à jamais inachevé. Le "je" est toujours en cours de constitution. Et puisque l'existence précède l'essence, il n'y a pas de réponse définitive. 
Seuls d'autres pourront dire, une fois que je serai morte, non pas qui je suis, mais qui j'aurai été. 
Pourtant, c'est bien en me questionnant que j'ai la possibilité de ne plus être ce que j'ai été, et de me projeter dans un avenir porté par un nouveau désir.  
Inspiré de Kant, Descartes, Sartre et bien d'autres.
R.A

24 mars 2011

Plongée dans les raisons des révolutions arabes.

En ce début 2011, les pays arabes ont connu une avalanche de révolutions qui ont fait tomber plus d'un régime politique, et menacent plusieurs autres. En effet, entre Janvier 2011 et Mars de la même année, deux régimes - Tunisie, Égypte- ont été renversés, et d'autres - Libye, Syrie, Yémen- sont entrain de suivre la même cadence. Un effet Domino qui engloutira tout sur son passage? Sûrement...
Mais penchons nous plutôt sur les raisons qui ont conduit à l'état actuel. Nous allons revenir à l'événement-mèche qui dut allumer ce grand feu de changement. Je veux dire par cela l'immolation de Mohamed Bouazizi, le jeune diplômé tunisien à qui on a renversé sa charrette qui était son unique gagne pain pour lui et toute sa famille. les manifestations de solidarité avec ce jeune tunisien se sont vite transformés en rébellion contre le régime qui gouverne le pays. Puis cela s'est propagé dans les pays voisins, grâce à l'effet domino.
Mais quelles sont les raisons qui ont poussé ces gens à manifester et renverser le pouvoir ?

A. La Présence de régimes totalitaires.

Raison primaire de la chute des régimes depuis Sparte à notre heure actuelle, la dictature est le motif le plus apparent pour ces révolutions. En effet, les pays qui ont connu ces révolutions, supposées êtres des républiques, avaient les mêmes leaders depuis des décennies. Par exemple, Ben Ali a gouverné pendant 23 ans, Moubarak a gouverné pour plus de 30 ans, Gaddafi 41 ans. Donc, ces pays ont été gouvernées par les mêmes gens, ayant les mêmes mentalités pendant un grand bout de temps, de plus ces gens là portaient leurs intérêts personnels au dessus de l'intérêt général de la patrie.

B. L'oppression de l'absence de la liberté d'expression.

Raison Sinequanon de la première, l'oppression est une caractéristique du comportement des régimes totalitaires. L'opinion publique dans ces pays là était réprimée sous les coups de matraque et autres outils gouvernementaux qui visent à tuer l'opinion opposé et opposer l'opinion convenable au gouvernement.
Pour mieux comprendre cet exemple, nous allons faire l'analogie avec de l'eau qui bouille dans une cocotte-minute fermée et ne peut dégager de la vapeur.
A force de faire bouillir cette eau, la cocotte-minute finira par exploser, et vous allez retrouver avec une cocotte déformée.
La même chose arrive pour les peuples sous la dictature, à force de les opprimer, ils explosent et déforment le pouvoir.

C.L'envie du changement.

Si le peuple était passif et ne voyait aucune nécessité au changement, il ne serait pas révolté.
C'est une règle générale, mais tant que le pays avait besoin de changement, et l'opportunité est venue pour s'exprimer, il faut aller de l'avant et manifester. C'est ce qui a été fait dans ces pays qui se sont révoltés.
Ceci pourrait-il se produire dans un pays avancé comme les États unis d'Amérique, ou le Danemark ? Probablement pas, vu que ces pays connaissent une démocratie fleurissante - Un président n'accumule jamais plus que les mandats autorisés - , la liberté d'expression est garantie par la loi et pour tous les citoyens.
Et si jamais il y'a un besoin de changement, le gouvernement s'applique pour satisfaire son peuple, car le gouvernement est au service du peuple et non l'inverse.
A.


15 mars 2011

Hallucinations Bachelières.

Il y'a le fardeau de ces livres encore inexplorés. Il y'a cette lourdeur qui me laisse m'éloigner de tout ce que je suis dans l'obligation de faire. 
Je me sens lasse et avachie. Le compte à rebours a débuté des mois auparavant, et au fur à mesure que le temps avance, je me sens encore plus excédée. 
Ma main droite est toute pliée sur mon stylo, toute tachée d'encre, gonflée de froid et de fatigue. 
3h 12, mes yeux me piquent mais impossible que je dorme.
Je me suis sentie dans une concordance parfaite avec tout ce monde, ces pages qui ferment leur espace sur elles, ce bureau prêt à craquer, ces stylos, ces livres de maths, ces lois de mécanique et ces exercices infinis...
Je suis fascinée par mon monde dans toute sa matérialité.
Je me sens si abjecte devant toute cette splendeur. 
J'abandonne.
Je me lève de cette chaise bleue, soulagée de recevoir un temps de repos propre à elle,
Je prends un bouquin, me jette sur mon lit, et commence à lire. 
Mes yeux sont émerveillés par tous ces mots, toutes ces pages sentant le moisi,
Je me livre à la magie des mots, je ferme les yeux et ça devient beau,
C'est un spectacle unique et émouvant, du chant, des danses avec le plus beau des spectres.
Les lois défilent et les mots ornent le lieu,
Je sens du confort sur ce canapé de la pensée, de l'extase et de l'inspiration. 

Une brume épaisse fait fuir les artistes, je me sens soudainement seule face à une scène vide, 
une scène qui pue la haine et la trahison. 
Je ne peux supporter le supplice de la solitude, je ne suis qu'une pauvre dans un monde de grands. 

J'aimerai être l'illusion du vivant, j'aimerai pouvoir souffler des mots et guérir tous les maux.
Mais je ne suis qu'une faible dans un monde de grands. 

Finalement, je me plonge dans mes profonds songes. 
Je vois du sang partout, tous ces calculs morts et enterrés, les lois se noient, et les mots se répandent partout, de la langue française, des histoires fougueuses, ma plume devient source de richesses... 
Et bientôt on dénoncera mon crime abject. Bientôt je serai emprisonnée de tout ce temps perdu. 
Mais rien n'est jamais binaire dans la vie et tout est très compliqué, et il me semble que pour les autres cela a droit de compter. On me scrute, étudie chaque geste et chaque parole pour réussir enfin à me déstabiliser et à m'emprisonner. 
Mais rien n'est jamais binaire dans la vie, ni même moi. 
R.A

"Règle d'or : laisser une image incomplète de soi..." Cioran


4 mars 2011

Dernier aveu

Ce texte exhibe ce que je crois être mon vrai Moi intérieur. Je dessinerai mon portrait grâce à ma plume, mon encre et mes mots.
L'amour, la haine, la peur, la faiblesse, le mal... Tout réside en moi. Tout me possède.
Je dessinerai le Yin & le Yang, ce symbole chinois représentant l'interaction entre le bien et le mal, la lumière et l'obscurité... Je suis le bien et le mal, je suis tout ce que vous imaginez que je sois.
Je suis l'illusion qui se brise comme du verre. On m'appelle, on me parle et je souris. Ce sourire ne sort de nul part, ce sourire est le masque que je porte chaque jour, que j'affiche tout au long de la journée.
Je ris, je bavarde de tout et de rien, mais rien de ce tout ne pleure en moi.
J'ai bâti mon propre mur devant tous ces regards indécents.
Je me suis enfermée à double tour dans une boite scellée au nom de la peur et de la faiblesse.
Je me noie dans le néant. La seule source d'espoir qui me reste est d'écrire. J'écris chaque jour, chaque nuit. J'écris tout ce que je ne suis pas, et tout ce que je rêve d'être. Je suis possédée par la peur du futur. Je ne crois pas vraiment au destin. Je suis de ceux qui croient dur comme fer, qu'on ne récolte que ce que l'on sème. Je ne serai que ce que je voudrai être, je ne serai que la personne pour qui je me battrai encore et encore durant toute ma vie.
Je suis une personne qui ne croit pas en l'amour, pour moi c'est une chose sombre et imprévisible, ce n'est qu'un mièvre sentiment face à tant d'autres. L'amour est ce qui m'affaiblit, ce qui m'effraie. Donc je ne m'en approche pas, je refuse tout signe de sa présence.
L'optimisme par contre est la clé, la clé de la vie.
La vie est un détour, un ensemble d'obstacles qu'on arriverai à surmonter grâce à l'optimisme.
Mon vrai moi, mon intérieur, je ne saurai le déterminer proprement. Je suis une personne, je ne dirai point normale ou comme les autres, au contraire... Je sens que je suis simple et unique, et ceci n'a rien à voir avec le narcissisme ou autre.
Je suis peut-être calme et sereine, mais je suis schizophrène au fond, heureusement que mes autres moi ne s'affichent plus devant le public. Je suis arrivée à un stade où j'arrive enfin à contrôler mes deux autres. D'habitude je suis la fille confidente et souriante, sauf que des fois le mal ou la peur font surface, bouleversent tout ce que j'ai entrepris, détruisent tout ce que j'ai bâti. Et je m'incurve devant des millions d'yeux.
Je suis unique par mes moi, mes rêves, mes pensées et mes mots. Je suis obsédée par l'autre.
R.A

22 février 2011

Beauté hystérique.

Ton aspect valorisé nous en dit peu sur ton âme futile. Ton identité est connue comme fate parmi nous autres. Des contradictions si réelles et si négligeables. Si seulement tu pouvais baisser ton menton, disait-on, on oublierait ta sévère présence, on se sentirait plus familiers.
Tu es dotée d'aptitudes si surnaturelles, tu nous obliges à rêver, à t'envier et à nous émouvoir de notre propre état. Tu es si douée.
Je te plains, je t'envie. Être affichée à longueur de journée, tout le monde remarque ton rouge sur les lèvres, tes cheveux blonds plus longs que cette jupe bleue que tu portes.
Tu es parfaite, disait-on. Parfait est un bien grand mot à mon avis.
Tu as fait souffrir bien des cœurs, tu as orné bien des fantasmes, tu as blessé bien des âmes.
Ils rêvaient de cette tendre passion idyllique, elles rêvaient de posséder ton sourire, ton charme et ton allure dévastatrice.
Tu paraissais si loin, si divine. On n'osait nullement t'atteindre, on n'y arriverait sûrement pas.
Les jours se suivirent, tu es toujours à l'affiche.
Et derrière ta nouvelle robe noire, j'ai pu flairer ta solitude, ton manque de confiance en toi.
J'avais raison, parfait est un bien grand mot.
Ta beauté est inégale certes, mais viendra un jour où ton âme sera aspirée par ces nombreux yeux globuleux qui te fixent à plein temps.
L'Homme est un amoureux de la beauté par nature, des fois même au point de se transformer en un égoïste possesseur de la beauté.

J'ai peur pour toi.
Viens avec moi, fuyons cet affreux monde, vis tant qu'il est temps.
Nous irons là où tes yeux se mêleront aux étoiles, là où ton âme volera plus haut que les hirondelles, là où ta beauté se mêlera aux rayons de soleil. Fuyons avant qu'il ne soit trop tard, pour qu'aucune larme ne coule, et que ta beauté ne fane.

Les jours se suivirent, son aspect futile en disait long sur son âme appréciée.
Une mixture de modestie et d'audace, la beauté austère réussissait parfaitement à s'aimer.
Parfaite, c'est le mot.
R.A

18 février 2011

Envie


Aussi menue qu’elle était, sa raison d’être s’était rapetissée. Ses illusions l’engloutirent dans un espace gris, aussi vaste que l’errance de son esprit.
Elle a toujours cherché à fuir la réalité, à fuir le regard des gens qui jugeait tout acte & toute pensée de méphistophélique.
L’égalité sociale, la tolérance, toutes les plus belles et les plus dignes valeurs humaines n’étaient qu’utopie. Le monde où elle vivait était gris.
Un jour, en cherchant les escaliers de secours, elle s’était perdue. 
Levant les yeux au ciel, fugitive et confuse, elle le contempla. Elle baissa maladroitement les yeux, puis les releva. Elle avait magiquement compris.
A chaque instant de ma conscience, j’envie ce féminin d’avoir enfin saisi.
Qui sait si un jour, je réussirai à lever mes yeux au ciel, en tentant de fuir ma réalité, pour que je glisse dans une totale euphorie.
R.A
 

14 février 2011

Les mots s'envolent dans la brume des temps.

Se sont écoulés des jours, des semaines avant que je me revendique. Je me sens seule. J’ai perdu quelque chose de précieux.  Je sens mon Moi se galvauder peu à peu.
J’ai perdu pied, je perds ma tête. Je perds mes mots.
Les autres se gaussent de mon état.
C’est affligeant de voir que mes mots fuguent, que mes lettres ne parviennent plus.
J’ai toujours eu l’ardent désir de réussite, j’ai toujours senti le besoin de me libérer par bonheur à ma plume. Or je sens qu’à présent tout s’écroule.
J’ai perdu goût à la vie, à la nature, à l’art et à la beauté.
J’osais être cette personne juvénile et noctambule, admirant toutes les belles étoiles du ciel.
Maintenant tout n’est plus.
Le temps se consume comme le bois dans l’âtre, & moi je vieillis.
Mon cœur s’accélère, un jour ne battra plus.
Je me sens vide.
Je m’acharne à animer intensément mon âme.
Aigrie par tant de vide & de désespoir, je m’obstine à récupérer mes mots.
Je refuse d’être parmi cette nouvelle génération avide, accablée de toute lueur de vie.
Cette génération manipulatrice qui se croît maître du pouvoir mais qui ,à un moment donné, deviendra dupe.
Je ne veux pas être cet autre moqueur et indécis.
Cette même personne que j’aperçois chaque jour en sortant de chez moi, cette femme à la beauté indécente, ce couple si pathétique & mal formé, ce jeune homme à l’allure bouleversante, ces adultes aux pensées burlesques, ces enfants insouciants & si innocents.
Oh comme je ne veux pas en faire partie.
Toutes ces guerres dans le monde, & les révolutions qui en naquirent. Tous ces jeunes crédules qui ont cru posséder le savoir & la vérité, qui vivent au jour le jour, sans douter des forces qui les manipulent.
L’amour n’est plus.
Les mots reviennent par miracle.
Il suffisait de quelques pensées dispersées ça & là pour que mes pieds recouvrent le sol, pour que ma tête reprenne sa place, & pour que mes mots s’usent.


R.A

20 janvier 2011

Tous différents

A la rentrée des classes, regarde tous les élèves et remarque qu'ils sont tous différents, que cette diversité est une belle chose. C'est une chance pour l'humanité. Ces élèves viennent d'horizons divers, ils sont capables de t'apporter des choses que tu n'as pas, comme toi tu peux leur apporter quelque chose qu'ils ne connaissent pas. Le mélange est un enrichissement mutuel.
Sache enfin que chaque visage est un miracle. Il est unique. Tu ne rencontreras jamais deux visages absolument identiques. Qu'importe la beauté ou la laideur ! Chaque visage est le symbole de la vie. Toute vie mérite le respect.
(Tahar Ben Jelloun, Le Racisme expliqué à ma fille)

9 janvier 2011


'' [...] Ces rappels du temps passé ressassés plusieurs fois l'ennuient, comme ce ciel blanc qu'il entrevoit ou ce vent qu'il entend souffler et faire claquer les portes.
  [...] Ses amis étaient nombreux. Ils sont tous morts ou presque tous. Il pense à eux, un à un, et ne peut s'empêcher de leur en vouloir d'être partis plus tôt que prévu. Leur disparition, c'est sa solitude qui s'épaissit et s'alourdit. Il est en droit d'être mécontent qu'ils l'aient lâché, abandonné après tant de moments passés ensemble, après tant d'épreuves et de complicités. ''
Tahar Ben Jelloun - Jour de silence à Tanger.