31 mai 2011

Fragments d’une lettre d’adieu.

Vous penserez que c'est assez bête, mais là je vous écrit et la raison pour laquelle je me tue à le faire n'est pas à prendre à la légère.
Si pour un instant Dieu oubliait que je suis un simple morceau de terre et m'offrait un morceau de vie, je profiterais de ce temps du mieux que je pourrais. Mais là, ce n'est malheureusement pas le cas, et je me retrouve à vous écrire.
Je vais mourir. J'ai une maladie incurable et je l'ai appris il y'a à peu près douze jours. Mes derniers jours ne sont pas si loin que ça finalement, mais je préfère ne pas y penser. Ce n'est pas facile de savoir que le temps qui me reste à vivre ne durera pas plus de six mois. Je sens que le vrai compte-à-rebours a commencé et je me perd dans mes mots et mes pensées, toute fragile, incapable de l'arrêter.
C'est un véritable déchirement pour moi si j'ai décidé de vous écrire pour révéler tout ce que j'ai pu être, que je ne suis plus, et que je regrette de ne pas être.
Je me rend compte que la vie est très courte vous savez. J'ai 17 ans et 7 mois et pourtant je n'ai jamais rien découvert de la vie et je n'aurai pas la chance de le faire non plus. Je sens que tout se perd, tout me glisse entre les doigts devenus si fins. Mon sourire se perd sur ce visage pâle que j'ai à présent. Je me perd jour après jour, je me consume jusqu'à ne plus exister.
Je m'en veux d'avoir vécu, d'avoir un jour naquit au monde. Je m'en veux d'être une source de peine, de tristesse et de pleurs pour un grand nombre de personnes et je sens que même après ma triste fin, je le resterai.
Il est peut-être trop tard pour moi, mais je comprend enfin les mots de Gabriel Garcia Marquez.. Oui car si moi aussi on me donnait un morceau de vie, je m'habillerai simplement, je me coucherai à plat ventre sur l'herbe à regarder le ciel et aspirant tous les rayons du soleil, laissant mon âme découvrir la vie.
Et puis là je me sens seule, je n'ai jamais su m'arrêter et demander ce qu'adviendra de ma vie. A présent je le sais sans même avoir le temps de freiner.
Je ne regrette pas non plus mon passage et ma présence aussi brève fut-elle parmi vous. Je ne regrette pas avoir su qu'il y'avait tant de belles choses dans la vie. J'étais toujours à la recherche du bonheur; de la beauté et de l'amour, et pourtant même une petite pensée à l'existence de toutes ses forces spirituelles me réjouissait.

J'ai envie de me confesser à vous. Je suis une mauvaise personne, ou du moins je l'étais. Je vivais dans un mensonge et me créait mon propre univers, y impliquait le nombre de personnes que je désirais et rejetais d'autres pour aucune raison. Je me rend compte à quel point j'aurai bien pu profiter de l'existence de vous tous à mes côtés.

Bientôt je serai un corps sans âme. Cette dernière errera quelque part mais je ne sais pas vraiment où. Je commence à croire que le paradis c'est la vie avant tout, et je la quitterai la mort au coeur, la mort partout.
Je ne suis plus insoucieuse, je veux continuer à vivre mais je crois que les forces suprêmes ont décidé de mon jour de gloire.
Mais j'ai appris une chose, même si nous désirons tous vivre en haut de la montagne, le vrai bonheur réside dans la manière d'y arriver.
J'ai appris aussi que l'on ne vieillit pas d'amour, on vieillit par manque d'amour. J'aime la vie, et pour cela je dormirais peu, je rêverai plus, je découvrirai le monde pour la première et la dernière fois, je ne fermerai plus les yeux, je veux toujours voir la lumière, je veux toujours vivre mais il est très tard pour moi.
Cette maladie est capable de détruire mon corps, j'ai si mal, je sais que je suis condamnée malgré tous mes efforts vains à me libérer de mon triste sort. Mais je ne veux pas quitter l'amour des miens, quitter ce beau décor. Je suis toujours là, j'ai envie que mon coeur batte encore et pour un bon bout de temps, le temps de profiter de toutes les beautés du monde, et pourtant je ne m'en lasserai jamais et je m'aperçois que tout n'est que rêve.

Le lendemain n'est sûr pour personne.

Ceci dit, un seul mot pour finir: Existez.
Je vous dit au revoir avec beaucoup de tendresse.  
R.A
Personne ne se souviendra de toi pour tes pensées secrètes. Demande la force, le courage et la sagesse pour pouvoir les exprimer.
 P.S: Mon texte est une pure fiction, j'ai eu l'idée d'écrire une lettre d'adieu parce qu'une partie de moi quittera ce monde. Mon état d'âme a beaucoup changé. Merci à une personne qui se reconnaîtra :) 

17 mai 2011

As I'm holding my breath.

Tout est triste par ici. Ça sent le brûlé et l'odeur de la terre remuée. Il fait noir, assez noir pour que je ne vois rien et pourtant je sens que tout est là. Cette odeur devient forte, encore plus forte. Mes narines n'en peuvent plus.
Je sombre dans le néant, le vide et l'oublie, et pourtant je n'oublie pas.
J'ai comme l'impression d'être enterrée vivante. Mais quel être sensé serait conscient de me fourrer dans un trou sous terre au milieu de nul part ?
Je commence à stresser, je ne sais pas où je suis, ni d’où je viens. Je ne comprends pas, je n'ai jamais pu comprendre, et ce vide ne fait que tout empirer.
Je ne sens plus mon corps, ni mes sens.
D'autant plus que je me demande comment cela se fait que je puisse toujours être vivante ? Je suis toujours entrain de penser, je suis vivante mais alors comment ? D’où peuvent bien provenir ces molécules d'O2 ?
Et puis je me sentis légère, aussi légère que cette plume grâce à laquelle j'écris.
Je volais & errais au milieu de ce nul part qui me devint familier.
Ce trou s'élargissait pour devenir presque infini.
J'ai envie de parcourir chaque coin en ta compagnie. Et voilà que toutes mes pensées se tournaient vers toi maintenant, et je ne peux les chasser. Tu t'es décidé de revenir, mais tu as mal choisi le moment. Je t'en veux. Et si ce sourire était affiché devant moi ? Je lui demanderai de m'emmener aussi loin qu'il le pouvait.


Et nous passerons de couloir en couloir, nous visiterons salle par salle, peut-être même toquerons à la porte de chaque chambre, pour enfin se laisser aller à la fin de notre balade nocturne.
Je dormirai tel un ange sur son nuage; ceci est une comparaison des plus nulles mais je trouve rien de plus utopique. Je t'aimerai comme au bon vieux temps. Jadis, quand tout était beau et quand tout allait au mieux dans le meilleur des mondes. Je sus que Maître Pangloss n'avait pas si tort au final.
Je m'en rappelle encore, comme ci c'était hier, et pourtant des années nous en séparent. Il faisait chaud très chaud. Je me rappelle de ce sourire, de cette agilité corporelle, et moi qui restais sans voix.
Et puis j'ai vraiment envie de cette balade au beau milieu de la nuit, j'ai vraiment envie de quitter ce trou, de sentir ton parfum qui me manque tellement , de t'aimer comme au bon vieux temps. J'ai envie de quitter cette absence de lumière qui me tue. Je veux vivre en couleurs.
R.A

10 mai 2011

As I'm watching you walk away.

It's an odd feeling indeed. Sitting with people you know and feeling like a stranger. Doing your best to keep in touch with someone yet seeing them avoiding you. Realising that people and things have changed, and that you did too. Life is simply an unfortunate packaging of events.
In life, there are things that are supposed to be known by only two people, but there's always that third member, that one person that turns you into a third wheel. And then there are those decisions you've had no hand in, yet you were obliged to make them. Like when you decide to stop giving a damn about someone just 'cause they don't care. On another hand, when you start feeling like you belong somewhere, you no longer feel like elsewhere actually feels like home. I don't feel as close to my bestfriend as a year ago. I feel strange when I step into her world, I no longer keep up with what happens in her daily life. Everything happens for an unknown reason. 
I guess everything was meant to change. People who used to be part and parcel of your life become people you feel nothing for. Life goes on. I'm just glad that it has hit me now, before it is too late. At least, when the time to finally say goodbye comes, it won't be as shocking as it should be, and I will have someone else to fill in the emptiness in my heart.
Manal.A

9 mai 2011

Perdue dans la nuit des temps. Égarée, quelque part dans sa psychose d'enfant.


17h28 , je prends le train en destination de settat avec 4 minutes de retard. J'embarque, chargée d'un sac à dos bourré de plusieurs affaires dont je ne me suis même pas servies, et d'un sac beige en cuir que j'avais acheté la veille de Meknes, où téléphone, bouquin et ipod étaient enfouis. Le train était plein à craquer, du coup je ne trouvai aucune place libre, je restai donc debout quelque part entre deux wagons. Des gens allaient et venaient cherchant des places d'un air désespéré, d'autres faisaient la queue devant la porte des toilettes misérables, tandis que d'autres profitaient de ce "coin" pour fumer une clope mine de rien. Je m'adossais à un truc orange dont je n'ai même pas pris la peine d’identifier. J'ouvrais mon sac le plus discrètement possible craignant un vol au moment opportun, en dégageait mon livre puis le refermais soigneusement. Je commençais à lire quelques lignes malgré le nombre infini de personnes qui essayaient tant bien que mal de se frayer un passage vers le wagon suivant. Arrêt à sidi slimane, j'aperçus une personne âgée prête à descendre, j'avais la voie libre, je refermai mon bouquin et accourut pour saisir la place. Je souhaitais bonne route au vieux monsieur, le remerciai et posait mon cul sur le siège orange. Il faisait chaud, je relevais mes cheveux et les attachais en un chignon très mal formé, je relis quelques pages de mon livre. Mes yeux me faisaient très mal, on aurait dit qu'ils brûlaient presque à cause du manque de sommeil et de fatigue de toute la semaine passée, mais je ne les laissais pas fuir les pages jaunâtres, profitant de chaque mot & de chaque lettre écrite à l'encre noire. Ce fut soudainement l’arrêt dans une des gares de Rabat, j'ai su que j'avais lu plus d'une centaine de pages non stop, je relevai la tête, embrassais du regard  le monde autour de moi puis mon regard s'attarda à la vue d'une jeune femme endormie dans un piètre état dont je me permettrai point de décrire. Je détournais les yeux par pudeur pour se fixer sur les deux jeunes hommes devant moi, l'un d'eux portait une chemise rose, un pc portable toshiba sur les genoux. Ils étaient tous deux connectés sur facebook grâce à un modem 3G et regardaient des photos un peu osées d'une certaine Chaimaa en riant et ainsi dépensaient leurs dernières heures de voyage. A mes côtés était assis un jeune homme, un étudiant, un pc portable toshiba aussi, déchargé et posé sur la petite table devant lui. Il mettait des lunettes, était grand de taille, mince et portait une sorte de béret noir à carreaux sur la tête. De temps à autres, son nokia 6300 sonnait, je devinais que c'était un collègue qui demandait son avis sur les courses à faire dont le budget ne devrait pas dépasser 60 dhs. Il était grand, fatigué et désespéré , je ne pouvais ne pas remarquer sa solitude et son manque de bien être en soi, je le plaignais au fond et priais de ne pas être dans le même état dans les prochaines années. Je détournai les yeux, chassant ces pensées & ces anxiétés de ma tête. Nous avions dépassé Kénitra, je sentais la fatigue me submerger, je ne voulais pas fermer l'oeil dans un endroit où le vol et les humains ne manquent pas.
J'ouvris mon sac à dos et en tirai le journal que j'ai pu prendre le matin pendant une visite d'une université, j'ai pu découvrir le nom d'un ami presque partout et ce fut avec joie et curiosité surtout, que je commençais à lire les mots du premier article du journal, un sourire se traça immédiatement sur ma face, je découvrais les talents de mon ami et je restais scotchée devant ses mots, ses idées et son style. Je rêverai de voir comment seront les résultats si jamais j'adhérais à un club de journalistes moi aussi, et puis j'abandonnais mon idée aussi courte fut-elle, et continuais ma lecture, cette fois plus par plaisir que par indiscrétion.
Le train marquait une brève halte à Mohammedia, j'avais terminé la lecture de tout le journal que je fourrais dans mon sac. Je pris mon ipod qui était déjà prêt à être écouté. Un bon vieux son des Beatles dans les oreilles, je posais ma tête et des pensées aussi inouïes soient elles, surgissent. Je pensais à un petit nombre de personnes, je pensais à ce mois d'études qui me reste, à ce bac pour lequel je ne bosse presque pas, des exercices de maths n'ayant ni tête ni queue s'entremêlaient dans mes songes qui au final se centraient vers cet article que je ne pus publier. Je restai là, les yeux mi-clos, du radiohead cette fois qui résonne dans ma tête, je pensais à l'être que je ne voulais plus être.
"And for a minute there I lost myself, I lost myself, I lost myself ..."

R.A